Le Sichuan - Jiuzhaigu & Huanglong
Aujourd'hui direction le Sichuan, une région de Chine aussi vaste que la France tout entière, localisée au pied du Tibet. J'y suis allée fin avril, histoire de profiter d'un grand pont du 1° mai.
Le Sichuan est une région étendue donc, montagneuse, connue pour ses pandas et sa cuisine très épicée. Les pandas se trouvent dans différentes réserves éprouvées par les différents séismes, et au centre de recherche et de reproduction à Chengdu, capitale du Sichuan. On se garde la balade à Chengdu pour plus tard, aujourd'hui je vous emmène dans le nord du Sichuan, dans les réserves de Jiuzhaigu et de Huanglong.
Pour les photos, cliquez sur la carte ci-dessous ou alors baladez-vous dans la colonne de droite.
Commençons par le commencement, l'arrivée à Jiuzhaigu. L'aéroport le plus proche se trouve à 2h de route de la réserve, et à 3 500 mètres d'altitude. Le vol depuis Pékin coute un bras, mais c'est déjà bien qu'il y ait des vols directs. L'altitude de l'aéroport le rend très sujet aux variations climatiques, et les avions de ne peuvent pas toujours y atterrir comme prévu. C'est d'ailleurs ce qui nous est arrivé, et nous avond atterri à Chengdu au lieu d'atterrir à Jiuzhaigu. On nous a alors expliqué qu'il fallait attendre un peu, et que soit on re-décollerait pour Jiuzhaigu un peu plus tard, soit on nous logerait à Chengdu en attendant que les conditions météorologiques nous permettent de le faire. S'il faut régulièrement loger les passagers, je comprends mieux le pourquoi du comment du prix du billet d'avion. Finalement nous avons attendu une petite heure à Chengdu avant de repartir et d'atterrir à Jiuzhaigu avec seulement 2h30 de retard sur l'heure prévue.
En sortant de l'avion, petit moment de battement. A cette altitude l'oxygène manque légèrement. J'ai eu un petit moment de panique en sentant mes jambes se dérober, ma tête tourner, et mes poumons chercher désespérement de l'air. Me suis sentie pendant quelques minutes comme un poisson rouge sorti de son aquarium. Mais bon autour de moi tout le monde avait l'air de gérer la situation, et je me suis raisonnée en me disant que ça ne durerait pas, que j'allais m'habituer ! Heureusement les bagages sont arrivés très vite et on a pu sortir. Le chauffeur de l'hôtel nous attendait et la route descendant, j'ai retrouvé mes facultés !
Arrivés à l'hôtel, qui était en fait une auberge de jeunesse tenue par des tibétains, le style de la maison était à la fois surprenant et dépaysant. Vous verrez quelques photos dans l'album. On nous a proposé un bol de riz et au lit. Notre chambre était au 2° étage, et rien que d'y monter le souffle commençait à manquer. Mais bon une fois allongée ça allait, l'auberge était située à un peu plus de 2 000 mètres seulement.
Le lendemain matin, visite de la réserve de Jiuzhaigu. Les neiges des sommets environnants n'ayant pas encore beaucoup fondu, tous les lacs du site ne sont pas encore alimentés, mais ceux qui le sont sont magnifiques. Les chemins de la réserve forment un Y, il y a d'abord une route puis à quelques kilomètres de l'entrée, il faut choisir entre la route de gauche et la route de droite. Au hasard nous sommes allés vers la gauche (en fait le bus dans lequel nous étions allait à gauche). Après 20/30 minutes de route, nous sommes descendus au terminus, à 2 900 mètres d'altitude. Même sensation que la veille au soir, faiblesse dans les jambes et poumons paniqués. Mais le paysage est magnifique et on redescend tranquillement, par des escaliers en bois, le long des lacs et des arbres. La couleur de l'eau et les reflets des sommets enneigés sont tout simplement magnifiques. Au bout de deux ou trois lacs, il n'y a plus d'eau, les lacs suivants ne sont plus alimentés. Nous redescendons en bus et remontons, avec un autre bus, sur la branche droite du Y. De ce côté là, tous les lacs sont alimentés, et ils sont tous plus beaux les uns que les autres. L'altitude est moins haute et la descente à pieds ne demande pas tellement d'efforts, du coup ça se passe relativement bien. Par moment on se croirait dans des paysages de puzzles ou dans les Alpes, sans les vaches et leurs clochettes ! Sur la fin on fait quand-même quelques petites étapes en bus, car le paysage devient moins intéressant et qu'on en a plein les pattes.
En fin de journée, le patron de l'auberge est venu nous chercher et nous a ramené au bercail. Une douche rapide (une seule salle de bain et une seule douche commune à toutes les chambres) à l'eau chaude, avant de diner avec les autres vacanciers. Au menu de la viande de yack qui ne m'a pas vraiment inspirée, des concombres et des frites "locales". Les frites locales ressemblent à des frites classiques, mais elles sont moins cuites et donc plus fermes. Et elles sont légèrement plus épicées. Le tout arrosé de thé au beurre et de vin local. J'y ai gouté pour ne pas vexer nos hôtes, et j'ai même fini ma tasse, mais ce n'était vraiment pas bon. C'était à mi-chemin entre du vinaigre et du cidre dégazé. La cuisine "maison" et le décor de la pièce, de la maison, compensent vraiment le côté spartiate du logement.
Le dimanche matin, direction Huanglong, l'autre réserve. Localisée à 1h de l'aéroport, mais pas dans la même direction que Jiuzhaigu sinon ce serait trop facile. La route pour y aller est magnifique. A l'aller nous avons roulé de nuit et je n'avais pas pu admirer les batiments tibétains, les sommets enneigés, les champs de yack ... c'est on ne peut plus dépaysant, au point de m'avoir donné envie de faire des heures de bus dans la région, ce que je ne ferais certainement jamais mais bon ... L'entrée du site de Huanglong est bien trop chère, et il était encore tôt dans la saison pour profiter pleinement de la beauté des bassins, mais le peu que j'ai vu était vraiment magnifique. Le temps était moyen, et les bassins beaux à voir étaient les plus éloignés de l'entrée, alors c'était dur de ne pas s'impatienter. Et puis le point culminant du site se trouve à 3500 mètres d'altitude, alors même sans difficultés particulières, le moindre effort est épuisant. Mais bon le jeu en valait la chandelle, et vous verrez dans l'album un bon paquet de photos de ces magnifiques bassins aux eaux bleues turquoises. Il a bien fallu, à un moment, que j'arrête de les complenter et que je redescende vers l'entrée du site, et que je rentre à l'hôtel. Juste à temps pour éviter la pluie. Une bonne nuit de répit et de repos après la visite de ces 2 sites classés Unesco. Un hôtel plus confortable mais beaucoup plus impersonnel que la veille, à 5 minutes de l'aéroport. Décollage le lendemain matin direction Chengdu, le récit dans un prochain billet !
